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jeudi 23 août 2012

Les élections, l'abstention, et les campagnes ratées d'incitation au vote.

En ce moment, le Québec est en période électorale. 

Résumé des épisodes précédents :

Depuis février 2012, les étudiants sont en grève contre la hausse des frais de scolarité de 75% décrétée par le gouvernement libéral au pouvoir (Parti Libéral du Québec, dit PLQ). L'intransigeance du gouvernement, au lieu de tuer le mouvement, lui a permis de grossir et de devenir une crise sociale qui devrait faire date dans l'histoire du Québec. Mais, après des mois de mobilisation intense, la fatigue ainsi que la torpeur estivale ont fait baisser l'intensité du mouvement. C'est ainsi en plein cœur de l'été que le parti au pouvoir a décidé de déclencher des élections, histoire de trouver une issue qui lui soit plutôt favorable.

images piquée quelque part symbolisant la course électorale,
parce que ce billet manquait d'illustration.
 
Ah oui, précision : ici, c'est le parti au pouvoir qui déclenche à sa convenance les élections, sachant qu'un même mandat ne doit pas excéder 5 ans. C'est aussi le parti en place qui redéfinit les contour des circonscriptions électorales en fonction de l'évolution de la population depuis le scrutin précédent.Oui moi aussi je trouve que question démocratie et répartition des pouvoirs, c'est problématique (les contours des circonscriptions, ça se fait ailleurs, en France notamment. Mais au moins les élections sont à date fixe). Ajoutons à cela que la médiatisation de la campagne électorale est partiale, plus précisément qu'aucune loi ne règlemente l'accès aux médias des différents partis en course. Sachant qu'en France, alors que la loi encadre précisemment le temps de parole des différents candidats à une élections, les journalistes trouvent que c'est une insupportable atteinte à leurs droits et trouvent des moyens de tricher, quand on ne règlemente pas, ça donne la situation québécoise. Concrètement, cela signifie que cette année 4 des 6 partis (je dis, 6, mais je sais même pas si le parti vert du Québec existe ou si c'est une légende en fait..) en compétition ont pu s'exprimer lors du "Débat des chefs", et que seulement 3 de ces 4 partis ont pu intervenir lors des "duels" organisés sur la chaîne TVA pour couvrir la campagne. Oui, parce que faire confiance à des chaînes de télévision privées pour maintenir la diversité de idées démocratique, ça marche vraiment bien.

Vous avez donc l'ambiance, nous pouvons reprendre :

Nous sommes donc ici en pleine campagne électorale, le scrutin est le 4 septembre prochain. Les affiches des candidats et candidates fleurissent sur les poteaux dans la rue, et on ne parle plus du mouvement social mais des élections imminentes. Et on s'inquiète du taux de participation - souvent faible - de la population en général et des jeunes en particuliers.

voilà, ça ressemble à ça des affiches électorales québécoises

Précisons que dans les milieux ou je traîne ces temps-ci (étudiants, très à gauche, anarchistes pour certains ), on tient un discours trés sévère sur ces élections-ci et sur le système électoral en général (pardon, sur "l'électoralisme", je suis nouvelle, j'apprends le vocabulaire). Je vous conseille à ce propose le documentaire Anarchroniques, diffusé hier soir dans un parc montréalais. La bande-annonce est visible ici, et je ne désespère par de mettre la main sur le film complet un jour prochain. C'est conçu comme une introduction aux mouvements anarchistes et libertaires du Québec, c'est très intéressant. L'argument principal de ces militants abstentionnistes, c'est que le système de démocratie représentative n'est ni représentatif ni démocratique, et que tout les partis en jeux soutiennent le système politique, idéologique, tel qu'il existe, sans vouloir le changer, ni même l'imaginer. Au mieux, il s'agit de l'aménager pour qu'il soit plus vivable, ce qui, pour eux, ne peut être un but en lui-même.

Si la critique me semble sévère, elle commence néanmoins a susciter quelques échos chez moi. Le fait de ne pas pouvoir voter après avoir suivi et vécu le mouvement étudiant, sachant que le gouvernement élu aura des conséquences sur ma vie sans que je ne puisse rien y faire doit y être pour quelque chose...passons.

Où veux-je en venir avec cette -interminable- introduction ? J'étais ce matin dans le métro, et mon attention s'est porté sur les publicité qui ornent les murs des stations et des wagons. Des grandes photos, assez désenchantées, aux couleurs pas franchement joyeuses ont attirées mon attention. Ça change des images survitaminés qui poussent habituellement à consommer. Je regarde donc de plus prés ces photos de panneaux de circulations avec des flèches qui vont dans des directions différentes, chaise d'école abandonnée, ou encore sièges de wagons de métro. Elles sont ornées de textes au ton définitif :  "L'heure des choix" (sur les flèches de circulations) "les absents ont toujours tort" (sur une chaise d'école abandonnée). 
C'est la campagne de la direction générale des élections du Québec pour inciter les gens à aller voter.
Bien.

Je la trouve nulle.

Les photos sont tristes. Elles ont un côté ville désenchantée. C'est pas que cette esthétique me déplaise, mais elle me semble assez maladroite pour donner envie au citoyens de faire quelque chose. Je trouve que ça donne surtout envie de se cacher, de se retirer de ce monde triste, vide, qui nous est montré. 
Les images sont sensée s'adresser aux citoyens, elles déshumanisent le vote : pas un visage humain (ni même une main, un pied ou un quelconque morceau de corps humain)...On souhaite inciter des individus à voter en leur montrant des objets inanimés. Là encore, j'ai un doute sur l'efficacité du message.
J'ai dit que les couleurs étaient moches, je le maintien. Je vous renvoie à la page de la DGEQ pour voir la vidéo sensée donner à la population l'envie d'aller voter.
....
....
ça c'est le temps que vous alliez voir
...
...


Vous ne voulez pas vous asseoir dans une salle obscure sur des sièges miteux pour écouter quelqu'un vous dire quoi faire ? Non ?
J'avais pas dit que c'était triste à mourir? On commence avec une musique d'apocalypse et on explique que la démocratie est en danger parce que les gens ne votent plus, et puis on explique que voter c'est avoir un pouvoir immense : dire oui à certaines choses et non à d'autres... (c'est ébouriffant d'ambitions, approuver ou désapprouver des "choses") le tout sur des images instragram-esque que je trouve, vraiment, je me répète, moches. Et sombres en plus, avec des images qui brûlent, genre fin du monde désenchanté..Je sais bien qu'on a définitivement fait une croix sur les lendemains qui chantent, mais vraiment ? On espère mobiliser les gens avec un discours aussi déprimant et moralisateur ?

Et une chaise abandonnée au milieu de nul part ? Ça ne vous donne pas envie de participer ?

Jamais ces campagnes ne disent précisément quels sont les contours du pouvoir du vote. Le vote est vertueux en lui-même, c'est une morale contemporaine, preuve que la démocratie fonctionne quel que soit le parti pour lequel on vote, et quel que soit la manière dont ledit parti agit une fois élu. 
Le mouvement étudiant a répété pendant des mois que la démocratie ce n'était pas "voter une fois aux 4 ans" mais une action quotidienne. Cette campagne dit exactement le contraire : le vote c'est l'expression démocratique unique et ultime. 
Sauf qu'il existe des partis qui sont contre la démocratie (je pense aux néonazis grecs qui sont entrés au parlement lors des dernières élections, par exemple) voter pour eux c'est maintenir la démocratie en vie ? Vraiment ?
Il existe aussi des partis, ou des représentants de ceux-ci qui sont élus sur des idées et qui en appliquent d'autres une fois au pouvoir..dans ce cas là (tellement fréquent que je ne sais pas quel exemple donner. C'est devenu tellement trivial que la formule "les promesses électorales n'engagent que ceux qui les croient" est devenue une ligne de conduite politique) le pouvoir de l'électeur a consisté à être victime d'un mensonge et à n'avoir aucune possibilité de sanctionner celui qui a menti, une démocratie comme ça, c'est étrange qu'elle ne fasse pas plus rêver, et ne donne pas plus envie d'y participer non ?
La pire illustration de cette campagne, c'est cette image de deux sièges de métro qui se tournent le dos, et qui sont sensés illustrer les options qui s'offrent aux électeurs :



Nous sommes dans un train (ce sont des sièges du métro de Montréal) dont nous ne contrôlons pas la direction, et il nous revient de choisir si nous voulons aller dans cette direction en regardant dans le sens du train, ou en regardant dans le sens inverse. Mais quel pouvoir extraordinaire ! Choisir son siège ! Je sais pas ou va ce train et on ne me demande pas mon avis là dessus mais j'ai le droit que dis-je, le privilège, de choisir mon siège!! Telle que vous me voyez là, je me retiens de jubiler et je manque de défaillir d'enthousiasme!

Sans rire ? Les concepteurs de cette campagne se sont dit qu'avec une représentation aussi limitée du pouvoir que représente le vote ils allaient amener les électeurs à courir en masse vers les urnes ?? C'est ..euh.. risqué comme pari ?

Si on veut vendre le vote comme un outil de pouvoir, on met l'électeur dans la cabine de pilotage d'un avion. On lui donne le pouvoir et le contrôle non ? (décidément, la communication et le marketing me seront à jamais étrangers). À titre de comparaison, lors de la dernière campagne présidentielle française, on a pu voir ceci pour inciter au vote. 


Je ne sais pas pour vous, mais je trouve la mise en scène plus intelligente, avec tentative de représentation de la société française et renversement du pouvoir.

Et puis on pourrait même, folie, s'interroger sur les causes de l'abstention. Questionner la réelle représentativité du mode de scrutin en vigueur, faire la comparaison entre les programmes politiques et leur réalisation, s'interroger sur la pertinence d'avoir des élus qui font de le politique leur carrière et qui peut-être, en perdent un peu de vue les effets concrets de leur politique sur l'ensemble de la population etc...
Mais bon, tout ça c'est partisan et surtout, ça oblige à nuancer le propos. Alors que ordonner "vote!" aux gens qui passent devant une affiche, ça a le mérite de la simplicité.

Pour en revenir aux sièges du métro, on donnera ceci dit à cette image le crédit du réalisme, involontaire probablement mais ne faisons pas la fine bouche. Parce qu'après tout, il est vrai que lorsque les orientation de politiques générales sont données par des traités internationaux signés sans contrôle de la population les marges de manœuvre des gouvernements élus sont trop faibles pour infléchir le fonctionnement global de la société. En Amérique du Nord, l'ALENA définie les règles économiques, et ainsi le fonctionnement social. On peut aussi penser en Europe aux différents traités de l'Union Européenne, au hasard Lisbonne, adopté après que la première version du texte - Traité Constitutionnel Européen - ait été rejeté par trois pays par voie référendaire : la France, les Pays-Bas et l'Irlande. 

Tiens, peut-être que c'est ça qui contribue à l'abstention ? L'impression - ou la certitude - des électeurs que leur vote, qu'on leur présente comme une prise de pouvoir, n'a finalement que peu de valeur quand les cadres généraux de l'économie sont déterminés hors de leur contrôle ? Que leur vote n'est pris en compte que lorsqu'il entérine des décisions déjà prises ?
Euh, si la démocratie vivante à ressemble à ça, on pourrait peut-être l'achever et commencer autre chose non ? enfin moi je dis ça...
 Peut-être que lorsque les gouvernements eux-même n'accordent que peu d'intérêt à la volonté de leur population (cf. la manière dont le PLQ a ignoré les revendications étudiantes des derniers mois, au hasard) ils affirment à la population en question qu'elle ne compte pas, qu'ils n'ont pas besoin de son accord pour exister, pour gouverner.

En conclusion de tout ça, je précise que je ne souhaite pas décourager ceux qui le souhaitent d'aller voter. Je ne pense pour ma part n'avoir manqué aucun scrutin français ou européen depuis mes 18 ans (ah si, les dernières élections cantonales dont, soyons franche, j'ignorais l'existence). 
François Ruffin, dans Fakir, défend ici une position médiane , qui me plaît bien, entre le vote comme ultime et unique action démocratique et le refus complet du vote comme refus de cautionner le système en place. Je vous invite à aller jeter un œil, au passage vous pourriez découvrir un journal sympa.



Mais je me demande sincèrement qui pense que l'on peut convaincre les citoyens d'aller voter en se contentant de leur faire la morale, sans jamais tenter de comprendre pourquoi ils ne votent pas.

edit 31/08 : photos prises et intégrées à l'article.

Ne soyons pas totalement mauvaise langue, la petite fleur au milieu du béton avec le "ne jamais renoncer" est sympa. Mais enfin le reste...




mercredi 5 janvier 2011

la poursuite de l'inaccessible

You can read about women who are unforgettable, disaming and no-so-quiet sensation,
or  become one wearing new MYSTRECE


Dans les dossiers de mon ordinateur se trouve une série de fichiers (articles écrits, vidéos) ayant pour objet le corps des femmes, ses représentations et perceptions dans la société. 
J'ai de plus, dans un carton de bouquins laissés en France, quelques ouvrages sur ce thème.

Je suis féministe (comme devrait l'être, me semble-t-il, toute jeune femme née dans les années 80 et ayant reçu un minimum d'éducation et disposant de droits auxquels sa grand-mère n'avait pas accès. Pourquoi n'est-ce pas le cas ? Ça m'échappe, faudrait réfléchir là dessus un jour), et historienne (en herbe) du corps.

Or, peut-être est-ce justement dû au croisement de cet engagement politique, et de cette spécialisation « professionnelle », mais je suis persuadée que le corps des femmes, et son contrôle, est une question cruciale. D'un point de vue politique, religieux ou encore médical, tout ramène au corps des femmes, au contrôle de celui-ci, par les hommes ou par elles-mêmes :

— du XVIIe au XXe siècle, dans les pays catholiques (et ça fait un paquet) on a enfermé dans des prisons religieuses des femmes ayant fait librement usage de leur sexualité, et donc de leur corps.
— Au XIXe siècle, la médicalisation des hôpitaux, jusque-là domaine des sœurs hospitalières, fait apparaître dans les murs des Hôtels-Dieu des médecins. Ceux-ci s'appliquent notamment à exclure de la pratique médicale les sages-femmes, les faisant apparaître comme des femmes sans hygiène ni connaissances médicales. Aujourd'hui encore, c'est une profession qui souffre d'un manque de reconnaissance assez délirant délirant .
— En 1920, en France, on vote une loi qui non seulement interdit l'avortement, mais assimile la contraception à l'avortement. Cette loi est renforcée dés 1939 par le gouvernement du Maréchal Pétain et, en 1942, l'avortement devient un crime d'État.
— Lorsqu'en 1975, la loi Veil autorise en France l'Interruption Volontaire de Grossesse, c'est suite à des années de militantisme (du MLAC, notamment) et surement pas par bonté d'âme de la part du gouvernement français.
— Bien que l'Union Européenne soit une des régions du monde qui protège le mieux les droits des femmes, 4 pays de l'UE (Irlande, Pologne, Malte et Chypre, pour ne pas les nommer) font de l'avortement un acte illégal. Et dans les pays qui l'autorisent, le nombre d'établissements hospitaliers le pratiquant est en chute libre

Bon, ma mini chronologie (largement et volontairement incomplète) porte, je m'en rends compte, presque exclusivement sur les aspects sexualité/reproduction du corps féminin (c'est sexy dit comme ça hein?). 
Mais le corps est aussi contrôlé sur d'autres aspects, notamment via l'esthétique, la représentation du corps, bref, la mode.

Oh ce n'est pas un sujet nouveau, ni même un sujet exclusivement féminin. Je dois finir une recension pour dans un mois sur une histoire de l'Obésité qui court du XIIe au XXIe siècle.

Mais je maintiens, le contrôle du corps par l'État ou toute autre entité sociale, s'adresse principalement aux femmes.
C'est particulièrement clair lorsqu'on regarde la loi de 1942, qui fait de l'avortement un crime d'État : le corps des femmes appartient donc à la nation. De la même manière, lorsque la IIIe République française voit le jour, une manière d'assurer sa légitimité, c'est de proclamer que les femmes républicaines et laïques sont aussi vertueuses, et même plus vertueuses, que les catholiques ferventes. J'avoue avoir toujours eu du mal à comprendre en quoi la vertu (des femmes, toujours et uniquement des femmes) pouvait être garante de la qualité d'un régime politique, mais force est de constater que ça revient régulièrement comme idée (voir là-dessus Savonarole et sa théocratie florentine, ou, plus prés de nous, les régimes islamistes. En profiter pour relire Marjanne Satrapi au passage).

[ Cette note aborde trop de choses et ne va nulle part. ]

Donc je pense qu'il y aura plusieurs articles sur ces thèmes sur ce blog. Mais pour aujourd'hui, on va arrêter là cette introduction sans fin, et passer à ce dont je voulais parler aujourd'hui : le corps des femmes dans la publicité.

D'une part, deux excellents articles de Mona Cholet :


Comme je suis légèrement obsessionnelle, j'ai lu certains des ouvrages dont il est question, à savoir Fatema Mernissi, Le harem et l'Occident et Eve Ensler, The Good Body.
Les deux ouvrages offrent une vision complémentaire du contrôle du corps des femmes. Chez Fatema Mernissi, on aborde la manière dont les hommes contrôlent les femmes, par leur corps, dans l'espace public. Avec Eve Ensler, c'est comment les femmes, en se concentrant sur le contrôle de leur corps ( perdre de la graisse, changer le volume des seins, refaire le visage) dépensent une énergie et des sommes d'argent considérables dans un projet sans fin, dans un but inaccessible : le corps parfait.
Un but aussi inaccessible, au passage, que le modèle proposé par l'Église catholique aux femmes : Marie, à la fois vierge et mère. Cette équation insoluble à l'avantage de justifier la place inférieure des femmes dans le monde catholique, puisque toutes les mortelles qui se risqueraient à égaler le modèle ne peuvent qu'échouer.

Si les femmes qui tentent d'égaler la vierge Marie sont aujourd'hui rares (en tout cas, dans les gens que je fréquente, je sais pas pour vous), celles qui se mesurent quotidiennement à un modèle de beauté tout aussi inaccessible sont légions.

À ce propos, la démonstration de Jean Kilbourne, dans ses films « Killing Us Softly » (1 à 4), qui s'intéresse au corps des femmes dans la publicité, est éclairante. Traduction de son introduction par mes soins :

La publicité est le socle sur lequel s'appuient les médias de masse. Le premier objectif de ces médias de masse, c'est de vendre des produits. La publicité vend en effet des produits, mais elle vend bien plus que ça. Elle vend des valeurs, des images, elle vend des représentations ce que sont l'amour, la sexualité, le romantisme, le succès, et peut-être le plus important de tous, de ce qu'est la normalité. De manière générale, la publicité nous dit qui nous sommes, et qui nous devrions être.
Qu'est-ce que la publicité nous dit aujourd'hui sur les femmes ? Elle tient exactement le même discours depuis 10, 20, 30 ans : ce qui est le plus important pour une femme, c'est son apparence. La première chose que fait la publicité, c'est de nous entourer d'images de beauté féminines idéales. Nous apprenons donc très rapidement à quel point il est important pour une femme d'être belle, et de mettre tous les moyens en œuvre pour y parvenir. Les femmes apprennent très jeunes qu'elles doivent dépenser énormément de temps, d'énergie, et surtout, d'argent, pour tenter d'atteindre cet idéal, et se sentent honteuses et coupables lorsqu'elles échouent. Et l'échec est inévitable, parce que l'idéal est basé sur un mensonge. [Le visage du modèle] n'a jamais la moindre ride, et elle n'a bien évidement aucune tache ou cicatrice, en fait, elle n'a même pas de pores.



Un extrait du film, disponible sur google video dans son intégralité. Cependant, pour des raisons obscures, probablement liées à mon inexpérience dans le monde de l'informatique, je suis dans l'incapacité totale d'intégrer la vidéo complète. Ceci dit, en tapant "Killing Us Softly 3" dans google video, vous devriez tomber dessus, ça dure 34 min.