Si vous étiez en France il y a quelques mois, en regardant la télé ou en vous baladant sur internet sans utiliser add-block, vous avez probablement vu ceci :
Pour ceux qui vivaient dans une grotte (ou à l'étranger), résumons. l'Hadopi, c'est la construction administrative française chargée de lutter contre le piratage, et qui s'appuie sur l'idée que les "pirates" contribuent à l'appauvrissement de la création culturelle. Ainsi, le message des trois spots publicitaires (et remerciez moi de ne vous en avoir mis qu'un seul en lien) est simple : si on télécharge aujourd'hui, on assèche tellement la création culturelle et artistique que, dans vingt ans, il n'y aura plus ni musique, ni cinéma, ni littérature.
Cette campagne a été attaquée de toute parts, mais on peut retenir deux principales critiques : une sur le fond, et une sur la forme.
Sur la forme tout d'abord. On a adressé beaucoup de reproches à cette campagne, qui sont pour la plupart regroupés dans la pétition du parti pirate. Ces clips, entre autres choses, instrumentalisent l'image d'enfants (qui n'ont rien à faire là), sont sexistes (filles qui rêvent de monter leurs seins à la télé, garçons qui rêvent de produire des films avec des grosses armes dedans), et surtout (enfin, pas surtout mais c'est de ça dont je voulais parler au départ) elle dicte une représentation formatée de la création artistique.
Parce que je ne sais pas pour vous, mais si la Hadopi sert à privilégier la création de ce type de musique, ça me donnerais plutôt envie d'aller prendre des abonnements payants sur des sites de téléchargement, histoire d'accélérer leur mort (lente et dans d'atroces souffrances) ...
Sur cette critique, la direction de la Haute Autorité, en la personne de sa présidente, Marie-Françoise Marais a répondu. En fait, nous n'avons pas compris cette campagne, c'était de l'humour et du second degré. On a fait exprès de choisir des créations culturelles toutes pourrie pour faire un décalage, qu'est-ce que vous croyez ? Et puis que l'important, c'est que le grand public apprenne l'existence et le rôle de l'HADOPI.
Bien, donc Emma Leprince est caricaturale, et rien de tel n'existe dans la vie réelle. Jamais une maison de disque sérieuse ne produirait une bouse pareille.
Sinon tout à l'heure en procrastinant je suis tombée sur ça :
Ça, donc, qui malgré sa ressemblance flagrante avec le célèbre Let's Go to the Mall (qui au moins, fait rire les spectateurs de How I Met Your Mother), semble cette fois bien réel.
Voilà voilà. Sinon les distributeurs de musique ne nous prennent pas du tout pour des abrutis.
La critique sur le fond de cette campagne, et sur l'existence même de la HADOPI, porte quant à elle sur la définition du droit d'auteur. Selon l'HADOPI (administration dans laquelle les majors sont très bien représentées), les droits d'auteurs et l'exclusion de l'œuvre du domaine public est la pierre angulaire de création artistique, et que, sans droit d'auteurs, pas de culture. C'est comme ça.
On conseillera donc aux tenants de cette théorie d'aller lire avec profits différents articles d'OWNI, mais si vous devez en lire qu'un seul, essayez celui-ci qui permet entre autre chose d'apprendre que le droit d'auteur, lorsqu'il a été créé, excluait l'œuvre du domaine public pour trois ans, et que cette durée augmente en fonction de l'âge de Mickey (en fait, dés que Mickey menace de tomber dans le domaine public, la durée des droits d'auteurs est prolongée. On est aujourd'hui à 70 ans d'exclusivité avant de tomber dans le domaine public, on parle d'aller jusqu'à 90).
Le dernier podcast d'Écrans.fr (et pas l'ultime, pitié, revenez!) aborde également la question avec une très longue interview de Benjamin Bayard. On y apprend notamment que, si l'HADOPI répond aux critique sur le forme de leur campagne, elle refuse toute dialogue concernant les questions de fonds comme celle des droits d'auteurs, des licences libres et, plus généralement des libertés numériques.
Probablement parce qu'on aborderait là des sujets un peu plus fondamentaux, qui pourraient amener les gens à réfléchir (ce qui est, comme chacun sait, très dangereux).
Alors je vais sans nul doute continuer à télécharger mes séries préférées. Principalement parce que :
- elles ne sont pas diffusées en France, ou alors n'importe comment, dans le désordre et avec une VF infâme. [edit : des frémissements laissent supposer un changement]
- que l'offre légale répertoriée par l'HADOPI est lamentable,
- que l'alternative Itunes est décevante (limitée en fonction du pays, et illisible sur un autre support que mac)
- parce que, quand je suis au Québec, je n'ai pas la télé
- parce que je n'ai pas les moyens d'acheter tout les dvds
- parce qu'on est loin de trouver lesdits dvd facilement en bibliothèque (un chouette concept ça, la bibliothèque, un accès gratuit et illimité à la culture).
Mais au lieu de payer pour du téléchargement illégal (sans rire...), je vais plutôt aller donner des sous à la Quadrature du Net, qui veille efficacement à la défense de nos libertés (numériques en premier lieu, mais les autres y sont très liées), au niveau français et européen, et qui risque de mourir faute de financement. Et ici il y a une interview du porte-parole de la Quadrature du Net, pour ceux qui préfèrent écouter plutôt que lire tout le site.
[Tout ça parce que je suis tombée sur cette affligeante vidéo et que je me suis dit que non, on pouvait pas laisser dormir au fond de Youtube...]
Dans les entrailles de ce blog dort un brouillon de texte sur le traitement de l'avortement dans les séries télé. Je l'avais laissé dormir dans un coin. Et puis hier, j'ai regardé le dernier épisode diffusé de Private Practice, série diffusée aux États-Unis sur ABC. Je me suis dit que ça pouvait faire l'objet d'un billet ici, sorte de complément au billet portant sur le site IVG, je vais bien, merci.
Ce premier texte partait d'un article paru sur le site des séries et des hommes, et recensait les différentes séries ou l'avortement était abordé, pour conclure que
- soit l'avortement n'était jamais évoqué même lorsqu'il paraît évident (Gabrielle et Lynette dans Desperate Housewives)
- soit la femme enceinte défend une position pro-choice, mais décide toujours de poursuivre sa grossesse (Miranda dans Sex and the City)
- soit l'avortement à lieu, mais, comme les filles de 343 salopes le dénoncent, la femme en souffre, compte les anniversaires de l'enfant qui aurait pu être etc... (Claire dans Six Feet Under)
L'auteur conclue à la couardise des scénaristes, ou leur fainéantise.
Or, on a peut-être ici enfin une position courageuse et originale, et ça vaut la peine qu'on se penche dessus.
Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Private Practice, il s'agit d'un spin-off de Grey's Anatomy, centré sur le personnage de Addison Montgommery-Forbe-Shepard, chirurgienne très brillante à la vie sentimentale désastreuse, qui quitte Seattle pour Los Angeles dans le but de redonner un sens à sa vie, en allant travailler avec d'anciens amis d'université dans une clinique privée spécialisée dans les problèmes de fertilité.
Bon, donc on part d'un soap, pour créer un autre soap, qui possède comme avantage sur le premier de se passer au bord de la mer, dans une ambiance de luxe. Au milieu de la petite dizaine de séries que je suis sur une base hebdomadaire, je me demande parfois pourquoi je continue à regarder celle-là, qui, sur le papier au moins, est tout de même assez faible, entre Dr House, Mad Men et Doctor Who. Mais en regardant l'épisode de cette semaine, je me suis dit que cette série valait la peine d'être regardée, et diffusée sur un network américain, pour les positions politiques qu'elle affiche finalement assez régulièrement.
La spécialité de la clinique Ocean Side permet en effet de poser des questions d'éthiques, à la télévision, au milieu d'un soap apparemment inoffensif. Dés le premier épisode, une femme dont le mari meurt d'une crise cardiaque en faisant un don de sperme veut être inséminé grâce à ce dernier don. Dans un autre épisode, une mère porteuse enceinte de triplés tombe dans le coma à cause justement de cette grossesse difficile : cas d'éthique, qui décide des décisions médicales ? Le mari de la mère porteuse ? Les futurs parents des triplés ? Et la question de l'avortement apparaît aussi de temps en temps, pas beaucoup, mais au regard de la situation des États-Unis sur cette question, on ne peut que saluer l'initiative.
C'est la deuxième fois, en 4 saisons, que cette question est abordée de manière frontale.
En 2008 :
Saison 3, épisode 12, «Best Laid Plans».
La première fois, on mettait en scène la fille (Maya) d'une des médecins (Naomie) travaillant la clinique, qui était enceinte à 15 ans. Sa mère, catholique et surtout fervente pro-life, terrorisée par la situation, entraînait de force sa fille dans le bureau de sa collègue (Addison) pour la forcer à interrompre cette grossesse.
La position contradictoire de la mère, ainsi que le violence de son action, donnait lieu à une discussion entre elle et ses deux collègues féminines (Addison et Violet), chacune ayant avorté plus tôt dans leur vie. Les deux collègues insiste sur la question du choix (qui doit être fait par la femme enceinte, pas par une personne tierce, y compris sa mère). On n'échappe toutefois pas tout à fait au discours sur les regrets inévitables, et la douleur à vivre une telle épreuve.
Plus tard, juste avant l'intervention, la jeune fille, complètement perdue, demande à son médecin (Addison) ce qu'elle doit faire. La scène dure 3 minutes, et pendant ces trois minutes, Addison expose, explique, que c'est son choix. Qu'à ce stade de sa grossesse, il ne s'agit en aucun cas d'une vie biologiquement indépendante de son propre corps, et qu'en conséquence, la loi californienne lui laisse toute latitude pour décider de l'issue de cette grossesse jusqu'à, je crois, 24 semaines.
Finalement, Maya décide de poursuivre sa grossesse et d'élever son bébé. C'était la conclusion logique si on additionnait "éducation familiale qui a gravé l'idée que l'avortement est un crime" + "intégration de la liberté de choix". Comme on fait un choix en fonction de nos repères politiques et moraux, une autre conclusion aurait été très étonnante.
C'est pour ça que j'était très colère quand, en cherchant des extraits vidéo de cet épisode, je suis tombée sur des édito enflammés de anti-choice, qui étaient emballés par cet épisode, trouvant que c'était un magnifique plaidoyer contre l'avortement. Vraiment, ils n'avaient rien compris, et c'était la confirmation que ces fanatiques là sont non seulement sectaires, mais stupides.
Apparemment, les scénaristes sont d'accord avec moi. Et, comme le message n'a pas été totalement compris la première fois, on repose la question cette semaine dans des termes beaucoup plus simples, et plus choquant surement pour les anti-choix (oui, "anti-choix", "pro-vie", je trouve ça vraiment trop flatteur comme titre).
En 2011 :
saison 4, épisode 21, «God Bless the Child».
On a donc cette fois-ci une jeune femme, Patty, d'un peu moins de trente ans, enceinte malgré un premier avortement, raté par un médecin incompétent. Elle se rend compte qu'elle est encore enceinte à 19 semaines de grossesse. La voici devant un choix : continuer la grossesse, ou avorter, sachant que la procédure à ce stade la grossesse est plus lourde.
Cette fois, le positionnement politique de la série ne laisse aucun doute, comme on peut le voir en détaillant les rôles et actions de chacun des personnages impliqués au fil de l'épisode.
La femme :
Patty s'est tout d'abord rendue dans une clinique spécialisée, mais celle-ci était bloquée par des militants anti-choice, qui l'ont insultée et terrorisée. Malgré cela, elle s'est ensuite rendue chez un médecin privé pour avorter, et celui-ci rate.
Poursuivant des études supérieures (elle prépare un MBA de quelque chose), sans argent, elle ne veut pas de cet enfant. Et lorsqu'elle apprend qu'elle est malgré tout cela toujours enceinte, sa première réaction, c'est de demander à son médecin de mettre fin à cette grossesse.
Aprés un peu de temps de réflexion, elle revient à Ocean Side et demande cette fois à être admise pour un avortement. Elle tombe cette fois-ci sur une militante anti-choix (celle qui, il y a une saison, voulait forcer sa fille à avorter bien qu'elle soir persuadée que c'est un meurtre), qui, sa petite-fille dans les bras, lui déroule tout un discours visant à la convaincre de poursuivre sa grossesse, et d'élever le bébé. Déstabilisée, elle repart sans être admise.
Lorsqu'elle revoit à nouveau son médecin qui lui explique que quel que sera son choix elle la soutiendra, elle décide en effet d'avorter.
À travers le parcours de cette femme, on a une liste des difficultés que rencontre une femme adulte, en pleine possession de ses facultés mentales, pour exercer son droit à l'avortement. Sont montrées à la fois les méthodes immédiatement violentes des militants anti-choix, comme l'occupation des cliniques ou les insultes, mais aussi le versant présentable de leur action, le discours d'aide et de douce culpabilisation, qui n'est pas non plus montré sous son jour le plus favorable.
Le médecin :
C'est toujours Addison. On sait déjà (si on a suivi la série, et c'est rappelé au cours de l'épisode) qu'elle a elle-même avorté deux fois, et qu'elle essaye désespérément de tomber enceinte. Mais on sait surtout qu'elle est un médecin qui pratique des avortements.
Elle tient un discours parfaitement cohérent à la fois à ses collègues, à sa patiente, et à sa collègue et amie Naomie qui tient ici le rôle de la militante pro-life.
À ces collègues, elle évoque sinon sa réticence, du moins son inconfort à l'idée de pratiquer un avortement tardif. Toutefois, elle défend sa patiente face à celui qui demande si elle utilise l'avortement comme contraceptif (Cooper), et face à son amie (Naomie) qui tout de suite renomme l'avortement tardif «avortement par naissance partielle», rappelant au premier que quand bien même ce serait le cas, en tant que médecins ils ne sont pas là pour juger, et à la seconde que le terme qu'elle emploie n'est pas neutre et qu'elle n'acceptera de discuter avec elle que si elle accorde son vocabulaire sur des définitions légales.
Dans les deux cas, elle a recours sinon à la loi, du moins à l'éthique, pour consolider sa position. Elle est appuyée par sa collègue Violet, qui rappel que c'est la cour suprême qui a tranchée en faveur du droit de la femme à choisir.
Face à sa patiente, elle commence par énoncer les faits «vous êtes toujours enceinte», «vous pouvez en effet interrompre cette grossesse mais il faut que vous sachiez en quoi consiste cette procédure qui est plus lourde que la première». Sans tenter de lui faire peut, elle ne cache pas à sa patiente les difficultés médicale, psychologiques ou morales qui peuvent se poser à elle.
Toutefois, si les détails semblent être violents, ils sont tout à fait cohérent avec l'attitude d'Addison : elle défend le droit de sa patiente à choisir. Or, pour pouvoir faire un choix éclairé, il faut avoir conscience de tout les paramètres.
Ceci posé, elle lui assure longuement et fermement que, quel que sera son choix, elle la soutiendra.
Ce discours-là est déjà courageux (je me répète) à la télévision américaine. Qui plus est sur un network (abc) qui est aussi la chaîne qui diffuse la trés conservatrice série Desperate Housewives.
Et je me demande d'ailleurs dans quelle émission française on a pu voir ce sujet abordé avec autant d'engagement, mais je ne connais finalement que très peu les séries françaises récentes. N'hésitez pas à compléter en commentaires.
Mais le discours qu'elle tient à Naomie est particulièrement fort. N'ayant pas trouvé cet extrait en ligne, je vous fait le récit de la scène.
Addison, en tenue de bloc, se lave les mains, prête à intervenir sur sa patiente. Elle a le regard pensif, douloureux, mais on y décèle aussi de la colère.
Naomie, même tenue, est à côté d'elle. Elle lui demande si elle est sûre de ce qu'elle va faire.
Addison, les yeux dans le vague, dit que le bébé qu'elle aurait eu si elle n'avais pas avortée aurait aujourd'hui 6 ans, que ça aurait surement été une fille, qu'elle se serait appelé Ceyla. On sent sa douleur.
Naomie : Comment peux-tu pratiquer cet avortement alors que tu as des regrets concernant le tien ?
Addison : Peut-être que c'était ma seule chance d'être enceinte. Mais malgré ça, pour moi, c'était la bonne décision à ce moment là.... Je ne prend pas ça à la légère Naomie, j'essaie de séparer ce que je veux d'un point de vue personnel, de ce que je dois faire professionnellement, et ça me tue. Je voudrais étrangler le médecin qui a raté ça au début. Ça vient de loin hein ? Mais pourquoi Patty ne peux pas avoir ce qu'elle veut ? Un avortement sécurisé et légal, sans jugement ? Pourquoi est-ce qu'elle doit repasser par ça, encore ? Pourquoi je dois passer par ça ? Je déteste ce que je suis sur le point de faire mais je soutien le droit de Patty à choisir. Ce n'est pas assez de n'avoir qu'une opinion sur ce sujet. Parce que dans une nation de plus de 300 millions de personnes, il y a seulement 1700 (seventeen hundred, c'est bien 1700 ?) médecins qui pratiquent de avortement. Et je suis l'un d'entre eux."
Avec un tel discours, appuyé sur des bases légales rappelées tout au long de l'épisode, la position pro-choix est clairement mise en valeur. Les militants anti-choix sont ou des fanatiques terrorisant les femmes, ou tiennent le discours de Naomie, complètement décalé par rapport à ce que veux Patty. Sans diaboliser cette dernière (après tout, tout ce monde là doit pouvoir coexister au sein du même pays), on évalue son discours pour ce qu'il est : une opinion. Or, le discours d'Addison avant l'opération insiste sur le fait qu'une opinion ne fait pas tout.
Si on n'est pas débarrassés du discours des regrets et des comptes d'anniversaire, il me semble que c'est peu de chose par rapport à la position politique affichée, surtout dans un pays ou certains souhaitent rendre légal le meurtre de médecins pratiquant des avortements.
Enfin, même si Addison Montgomery est un personnage de fiction, et qu'elle n'est donc pas un des 1700 médecins qui pratiquent des avortement aux États-Unis, l'actrice joue un rôle finalement non négligeable sur le sujet.
Elle fait, depuis 2008, l'objet de pression de la part de certain groupes anti-avortement, puisque son personnage représente la position libérale qu'ils refusent. Mais Kate Walsh s'est aussi publiquement prononcée pour l'abandon du programme d'éducation sexuelle portant sur l'abstinence, au profit d'un véritable cours d'éducation sexuelle. J'ai aussi trouvé une vidéo d'elle pour la promotion du planning familial américain. On l'avait aussi aperçu dans le clip Yes We Can en 2008.
Et il a quelque chose de rassurant à se dire que non seulement la fiction peut diffuser des idées, mais que même hors du script, les acteurs peuvent continuer à porter ces idées là.
Je doute que qui que ce soit ait besoin d'un mode d'emploi pour arriver à un tel résultat, mais tant pis, voilà comment j'en suis arrivée là.
Ce matin, après ouverture de mes courriels, j'ai fait le tour de mes blogs habituels, et suis donc allée voir chez CSP. Pour des raisons obscures, j'ai cliqué sur le lien sous cette image de si bon goût. J'ai donc atterri chez embruns. Là, toute heureuse de voir un blog qui parle de Montréal, j'ai regardé rapidement les derniers billets publiés (moui, j'étais vraiment disposée à ne rien foutre) et je me suis donc retrouvée loin.
J'y suis depuis ce matin. Oh j'ai bougé de chez moi, je me suis rendu jusqu'à mon adorable bibliothèque. Et depuis 11 h 45 (j'étais pas particulièrement en avance), je suis assise à une des tables de la Collection Nationale de la Bibliothèque Nationale du Québec, à lire un blog (il est 20 h 04. Oui j,ai fais une pause pour manger). Et je l'ai pas encore fini (ce qui signifie que je suis pas prête de me remettre à bosser.)
Deux conclusions :
1 — Je n’ai absolument aucun contrôle sur mes pulsions procrastinatoires. C'est moche. Ça fait une semaine que j'ai découvert la série Torchwood. J'en suis à la saison 3, épisode 2. C'est drôlement bien. Ça fait 3 jours que je me couche passé 01h pour voir la suite... Ça me fait le coup à chaque fois que je découvre un truc à lire ou à voir. C'est particulièrement pénible avec les séries, ou les blogs, parce que ce sont des heures qui s'envolent d'un coup.
2 — Depuis que je suis au Québec, il y a un sujet de conversation qui revient très régulièrement : les différences culturelles France/Québec. J'ai vaguement prévu de faire un billet là dessus un jour d'ailleurs, pour dire à quel point c'est un sujet de conversation bateau, qui me sort par les yeux. Mais là, non seulement l'auteur du blog écrit drôlement bien, mais en plus c'est un québécois à Paris. Avec une perspective inversée, ça devient tout de suite plus intéressant. Je vais même finir par comprendre pourquoi je suis obligée d'avoir encore et encore cette conversation sur pourquoi la France et le Québec, c'est-pas-pareil-mais-pas-trop-différent-non-plus.
Donc voilà, pour les 2 lecteurs éventuellement perdus par ici, c'est là que ça se passe.
Bon, ben à défaut de travail efficace, j'aurais au moins écrit un billet ici.