samedi 7 mai 2011

Procrastination, autre méthode

Sinon, ces temps ci, je procrastine plutôt comme ça :



En m'extasiant devant des futurs myrtilles :



En observant la faune sauvage :



Ramassant des jonquilles de montagne :



Et observant des paysages qui sont tellement plus beau en vrai qu'en photos : 





Bon, c'est beaucoup moins exotiques que les balades de ceux-là, mais les archives ont elles beaucoup de mal à rivaliser avec les volcans ou le massif du Sancy...

mercredi 4 mai 2011

Mais à quoi ça sert ?

 En 2009, l'excellente émission La Fabrique de l'Histoire, présenté par le géniallissime Emmanuel Laurentin (je rêve de bosser pour cette émission, ne lésinons donc pas sur les superlatifs flatteurs, des fois que quelqu'un passe par ici en recherchant une chroniqueuse pour France Culture), l'excellente émission de France Culture donc, fêtait ses dix ans.

Cinq jours pas semaines, vers 9 h du matin, pendant environ une heure, la radio parle de l'histoire telle qu'elle se fabrique, et la fait sortir des universités et centres de recherche pour rendre son actualité accessible à tous, via la radio publique. Je suis, bien évidemment, complètement fan.

En général, il y a un thème par semaine, traité sous forme d'interview, de documentaire ou encore de débat historiographiques contemporains. Les interviews sont brillantes, les documentaires souvent très bons (mais je suis déjà une grande convaincue des documentaires radiophoniques), et les débats historiographiques donnent à la thésarde l'impression qu'il existe des personnes, hors de son cercle d'amis, qui argumentent sur des questions d'histoire : c'est très réconfortant. 

Les vendredis sont mes jours préférés. Ils sont consacrés à l'actualité de l'histoire. L'émission de vendredi dernier (que j'écoutais cet après-midi en photographiant mes archives) faisait une critique détaillée, et contextualisée, du procès Barbie, à l'occasion de la sortie des DVD dudit procès, coédité par ARTE et par l'INA. Un peu plus tôt dans l'émission, il était question de la manière dont le gouvernement hongrois actuel réécrit son histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Et puis les vendredis commencent par l'inconnu des archives. Depuis septembre dernier en effet, tout les vendredis (vous avez bien saisi de quel jour de la semaine il s'agit hein ? Parce que je suis surement capable de le redire encore 3 ou 4 fois d'ici la fin de cet article) commencent par quelques minutes laissées à un historienne (ou une historien, c'est au choix) pour nous parler de quelqu'un d'inconnu, qu'il/elle a trouvé dan ses archives. L'idée a connu un bel engouement, et une page a été ouverte sur le site de la Fabrique ou chacun peut laisser à sa guise un ou une inconnus rencontrés lors de ses propres recherches. Chaque semaine, l'animateur nous donne le nombre d'inconnus arrivés sur le site, je pense qu'on doit en être à une soixantaine. 
Vous pouvez aller les lire, ce sont de petites notices biographiques, un peu écœurant si l'on en consomme trop d'un coup, mais c'est plutôt touchant. Un de mes regrets c'est de ne pas être capable d'en fournir une (mes archives sont vraiment trop lacunaires pour que j'arrive à retracer la vie d'un des malades de mes hôpitaux, d'une fille enfermée, ou même d'une religieuse hospitalière, tous sont bien trop discrets), surtout que ces différents inconnus vont fournir de la matière à « quelque chose » courant mai. Que sera ce « quelque chose » ? Mystère et boule gomme ! Mais l'an dernier, la même émission avait fait aussi « quelque chose » de sa chronique régulière « à quoi sert l'histoire ? »

Oui parce qu’en fait, c'est de ça que je voulais vous parler à la base. J'ai acheté tout à l'heure ceci :



C'était pour les 10 ans de l'émission (dont je parlais plus haut, avant de me laisser emporter par ma description), une quarantaine d'historiens acceptaient de répondre, en 4 minutes, à la question qui donne des pulsions de violence aux étudiants en histoire « À quoi sert l'histoire aujourd'hui ? ». Là, j'en entends certains me répondre avec enthousiasme « à faire parler les cons ! » Certes, (vous connaissez bien vos classiques) mais en l'occurrence, on a décidé de faire parler une quarantaine d'historiens (dont Arlette Farge, Jacques Le Goff ou Michelle Perrot, excusez du peu) qui nous offrent ici arguments et réponses à cette grande question, avec intelligence, gravité et souvent humour (car l'historien est, comme chacun sait, doté d'un solide sens de l'humour, nécessaire à sa survie dés qu'il met un pied hors de l'Université).

L'humour de Christophe Pochasson lui permet de mettre en scène sa chronique, en la plaçant dans un bistrot, ou un groupe d'habitués, « les historiens » s'écharpent pour répondre à la question du patron du bar Chez Fernand, l'histoire à quoi ça sert ?

Jean-Noël Jeanneney décide quant à lui de répondre à la Cyranno, « je veux dire sur tous les tons : 
Superficiel : tant de gens aiment tellement la revue gala qu'ils rêvent de la projeter autrefois et de savoir enfin si Marie-Antoinette et Fersen sont allés, un soir d'été, jusqu'au bout de leur désir. Vive l'histoire !
Désabusé : notre monde est si désespérant qu'une fuite s'impose, loin en arrière, le plus loin possible, vers un âge d'or imaginaire. Vive l'histoire !
Désinvolte : tant d’intrigue et tant de romans. La réalité dépasse la fiction, et même si Clio m'a abusée et m'a prise dans ses rêts, j'aurais passé, grâce à elle, un bien bon moment. Vive l'histoire !
Pusillanime : l'historien est si bien au chaud dans sa tour d'ivoire, loin des brutalités de la planète, qu'on ne lui fera jamais grief des jugements les plus sévères et les plus péremptoires sur ceux qui s'y sont exposés, jadis et naguère. Vive l'histoire !
Cynique : Clio a un magasin une quantité incroyable d'anecdote et de citations où chacun peut puiser à loisir au service de n'importe quelle cause, et lui en savoir gré sans inconvénient pour elle. Vive l'histoire !
Patriotique : comme l'a dit Gabriel Monod, fondateur de la revue Historique : “l'histoire travaille, d’une manière secrète et sûre, à la grandeur de la patrie”. Vive l'histoire !

Et très sérieuse, Claire Lemercier nous rappelle qu'elle sait bien qu'il n'y a pas de leçons de l'histoire, “mais je sais aussi que si les historiens se taisent, tous les pouvoirs, tous les groupes de pression et tous les Éric Zemmour du monde les tireront à leur place.” Rappel pas du tout inutile à mon humble avis.

Ça coûte 13€, c'est édité par France Culture chez Bayard, et c'est drôlement bien. Courrez donc l'acheter, ou, à défaut, abonnez-vous aux émissions de la Fabrique, ça, c'est gratuit.

mercredi 20 avril 2011

Étoile du nord

J'ai appris aujourd'hui (en glandouillant sur internet, oui, pourquoi ?) que la chanteuse Elisapie Isaac, dont j'aime beaucoup les chansons, avait fait un film : Si le temps le permet. (Là il faut cliquer sur le lien parce que je n'ai pas encore compris comment insérer une vidéo qui ne soit pas une vidéo youtube dans un billet).

Ça dure un peu moins d'une demi-heure, et elle nous entraîne dans son Nord, chez les Inuk. C'est vraiment bien, allez donc procrastiner par là, vous vous sentirez moins coupables qu'après 30 min à regarder des chats faire de la boxe sur youtube ou avoir battu votre record à entanglement.

Ah, et si quelqu'un trouve un jour le moyen de télécharger cette chanson que j'arrive juste à écouter sur une plateforme de radio-canada, je serais vraiment ravie de savoir comment faire.

lundi 18 avril 2011

Je vais bien

Bon, au moins, j'avais bien prévenu que ce blog allait être très calme pendant quelque temps, ça se vérifie...

Si je vous raconte ma vie, ça risque d'être quelque peu ennuyeux. Je suis arrivée en France, et suis donc passé d'une fin d'hiver québécois qui ressemblait furieusement à un hiver français, à un été précoce. En clair, que je suis passée de la neige qui tombait derrière les fenêtres de la bibliothèque aux heures de glandouille dans l'herbe en quelques jours, et que suis encore tout euphorique de ce changement. (Là, mes 3 lecteurs européens se disent que oui, bon, il fait beau quoi, et les 4 Canadiens me haïssent.)

L'autre activité de mon existence actuelle (hormis me choper des allergies au soleil, question d'équité cosmique) consiste à prendre dans les 500 photos d'archives par jours, activité ô combien épanouissante, vous en conviendrez (en plus, ça fait MAL au dos).

Rien de bien passionnant, vous en conviendrez. Je vais donc plutôt relayer cet appel, intitulé je vais bien, merci, de la part des filles des 343 salopes.

Point histoire :

Le manifeste des 343, comme le rappel Wikipédia (j'ai des sources fantastiques) est une pétition, parue dans le Nouvel Observateur en 1971. Rédigé par Simone de Beauvoir, le texte réclame, tout simplement, le droit à l'avortement. Il est signé de 343 femmes, dont des personnalités telles que Catherine Deneuve, Françoise Sagan ou encore Nadine Trintignant.
Pourquoi « salopes » ? C'est une blague parue dans Charlie Hebdo la semaine suivante qui fait que le qualificatif est resté.
Ce texte est un élément important du combat féministe pour le droit à l'avortement en France, dans les années 1970 (droit obtenu en 1975).

Or, même si on dispose en France depuis 1975 du droit à l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), ce n'est pas encore facile. Les médecins manquent (ceux qui pratiquaient l'avortement par militantisme arrivent aujourd'hui à l'âge de la retraite), il n'y a pas vraiment de relève, pour différentes raisons. D'une part, l'IVG est un acte médical qui n'est valorisé ni socialement (« médecin avorteur » est un titre qui se porte mal en société) ni financièrement. D'autre part, les médecins n'y sont pas formés. La loi de 1975 permettant de surcroît au médecin de ne pas pratiquer cet acte sous couvert de la « clause de conscience », cette fameuse clause sert parfois d'échappatoire pour ne pas apprendre le geste médical (jugé inintéressant et/ou peu lucratif).
Et puis, dans un monde où aujourd'hui la contraception est plus facilement disponible, et où la lutte pour la libération des femmes est devenue celle de la parité, la question de l'avortement fait un peu désordre... on n'aime pas que les femmes y aient toujours recours... Et se multiplient, d'année en année, des discours qui commencent par affirmer bien haut que non non et non, on ne reviendra pas sur le droit à l'IVG mais que tout de même, toutes ces femmes qui avortent chaque année, c'est bien triste... que ça doive être un véritable drame psychologique pour elles. Non, que C'EST (forcément et obligatoirement) un DRAME dont elles ne se remettront que difficilement (si elles s'en remettent) !

Et aujourd'hui :

C'est contre ce discours là que le manifeste des filles des 343 s'élève, c'est ce que signifie le titre : j'ai avorté, et je vais bien, merci. L'idée, c'est que l'avortement est un droit, une option, et que ça ne signifie pas forcément traumatisme. Que parfois, c'est la bonne solution, et qu'on ne la regrette pas.

Alors comme ce discours, qui fait de l'avortement un drame dans toutes les circonstances, est un truc assez pervers, qui sous couvert de sollicitude donne de l'eau au moulin des mouvements pro-life, ce serait sympa d'aller faire un tour par . Les centres IVG ferment en France, faute de moyens, de personnels, de soutien politique. Ce genre de liberté est fragile.

Ensuite, si vous avez envie de rester dans le sujet, vous pouvez lire deux bouquins de Martin Winckler. Le Chœur des femmes, 600 p qui se lisent vite vite vite et qui donnent la pêche, et La Vacation, qui est beaucoup plus court, mais qui se lit beaucoup moins vite, parce que parfois, il faut reprendre son souffle.

Si la partie histoire vous intéresse plus, je vous recommande chaudement Naissance d'une liberté, de Xavière Gauthier.

Il y a aussi l'émission Du Grain  Moudre qui se demandait, le 11 avril dernier, si l'Église accordait - ou non - de plus en plus de place aux mouvements pro-vie. Émission que j'ai trouvé très intéressante, et qui me réconcilierait peut-être avec Caroline Fourest.

Voilà, moi qui voulais simplement faire un lien vers une pétition, j'ai encore pondu un article interminable... Sinon je viens de voir que la page Du Grain à Moudre est submergée (enfin, submergée, les commentaires de France Culture quoi) de commentateurs qui ont trouvé Carolien Fourest extrémiste et que l'avortement, c'est un crime. Il semble que le sujet attire les trolls, peut-être verrais-je les premiers débarquer ici. Mais bon, en guise d'avertissement, j'ai pas beaucoup de temps ces jours-ci, et donc absolument aucune patience pour ce genre d'activité. En clair, soyez sages, sinon je coupe :)

mardi 29 mars 2011

Je suis le lapin d'Alice au Pays des Merveilles

(Vous savez, celui qui est toujours en retard en retard en retard..)

Alors je sais qu'écrire un billet pour dire que j'ai pas le temps d'écrire ici, c'est assez moyen. 
En fait, je quitte le Québec pour 5 mois, le 5 avril prochain. J'ai acheté mon billet d'avion hier, et j'ai encore plein de trucs administratifs pénibles à régler avant de partir (du genre prolonger ma cotutelle de thèse, faire mes impôts canadiens etc..)

Histoire de rendre les choses plus amusantes, une discussion hier avec ma directrice thèse a ajouté à ma semaine déjà bien chargée la consultation de quelques archives, et même l'écriture d'un texte, à produire avant mon départ donc, qui me servirait à être plus efficace dans mes archives françaises (oui parce que c'est pour ça que je pars en France hein, 5 mois d'archives en perspective). Ça tombe bien, je commençais à trouver que le sommeil, c'est très surfait en fait..

Du coup, comme d'ici mon départ je vais être bien occupée, et comme je ne sais pas trop comment je vais me connecter à internet dans les mois à venir, le rythme de publication des billets, déjà bien calme ces derniers temps, risque de se calmer encore un peu...

Soyez sages, et si vous vous ennuyez trop, y a de la lecture dans la colonne de droite!

lundi 14 mars 2011

théories procrastinatoires

Pas le temps d'écrire ici ces jours-ci, allez donc lire ça à la place.


Et dans le même ordre d'idée :




Et maintenant, au boulot!
Nan je déconne, ici c'est pas mal aussi.

mercredi 2 mars 2011

Reportages, témoignages et bruits pas sages

En ce moment, je travaille pas mal, et de manière efficace (C'est pas vraiment comme si j'avais le choix mais bon, le résultat est le même). Ce blog se nourrissant de ma procrastination, évidemment, ça pose quelques soucis pour l'alimenter. Je viens bien de finir un super bouquin de Michela Marzano, Extension du domaine de la manipulation, mais le compte rendu (que je compte bien vous faire un jour) demanderait, pour être clair et lisible que je mette mes idées au clair, que je retrouve les passages les plus importants que je n'ai pas soulignés sur le moment (je lis dans le métro, c'est pas pratique), que je rédige un texte et que je le retravaille. Bref, du temps, et pour le moment, j'en ai pas trop.

Par contre, je peux vous envoyer vous balader dans un de mes coins favoris d'internet.
Quelqu'un connaît arteradio ? Oui, une main qui se lève au fond de la salle...hum ...c'est tout ? Bon alors j'explique un peu. 
Arteradio c'est C'est en lien avec la chaîne de télévision franco-allemande, arte, oui. Merci au 3 qui suivent au fond.

Moui, le logo est plutôt moche

C'est une radio un peu particulière. Déjà, elle ne se trouve que sur internet (et aussi en appli ipod je crois), et elle n'émet pas de manière constante. Ce sont des petites capsules, et des expérimentations radiophoniques. 
On y trouve des chroniques, des reportages, des documentaires, des fictions et une section actualité qui n'a rien à voir avec un bulletin d'info. Par exemple, cette semaine, alors que le Yémen voit à son tour sa population tenter de renverser son autocrate, arteradio passe un coup de fil au groupe interparlementaire Amitié France-Yémen. Ça n’a pas l'air passionnant comme ça. Ça l'est. 

Les émissions sont disponibles à l'écoute sans limites de temps. Bref, des heures de procrastination à disposition. Non, ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

En cadeau, petite sélection personnelle parfaitement subjective et incomplète : 

— L'esprit d'escalier, de Mona Chollet. Chroniques de 2005, qui parle politique et féminisme, comment abattre le capitalisme en lisant des bandes dessinées, et pourquoi Heidi Klum est un affreux top modèle aux joues creuses. (Quand je serais grande, je veux être Mona Chollet)

— Bienvenue aux États-Unis : lecture déjantée du formulaire d'entrée sur le territoire des USA (si vous n'en écoutez qu'un, écoutez celui-là. En plus, c'est court)

— Le dossier Une amie de 30 ans, 6 lettres radiophoniques entre deux amies, une à Paris, l'autre expatriée à Johanesbourg.

— L'audioguide de bord, visite guidée de la société du futur en 6 arrêts, la statue du pouvoir d'achat, la catapulte à Roms,  le cathédrôme, la grande bibliothèque aléatoire universelle, la Halle aux enfants et l'agoraphone.